Vous vendez un appartement ou une maison et le notaire vous réclame un dossier de diagnostic technique. Derrière ce terme administratif se cachent une dizaine de contrôles qui conditionnent la validité de la vente. Depuis 2025, plusieurs règles ont changé, et un diagnostic périmé ou manquant peut bloquer la signature chez le notaire, voire engager votre responsabilité de vendeur.
DPE périmé et audit énergétique élargi : ce qui a changé depuis 2025
Les vendeurs qui disposaient d’un DPE réalisé entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont eu une mauvaise surprise. Ces DPE sont devenus caducs au 1er janvier 2025. Même si le document affichait encore une date de validité de dix ans, il n’est plus recevable pour conclure une vente.
Pourquoi ce changement ? La méthode de calcul du DPE a été revue en profondeur en juillet 2021. Les anciens diagnostics, fondés sur les factures d’énergie du ménage, ne reflétaient pas la performance réelle du bâti. Un logement occupé par une personne frileuse obtenait un meilleur score qu’un logement identique habité par une famille nombreuse. La nouvelle méthode évalue le bâtiment lui-même, indépendamment de ses occupants.
L’autre évolution majeure concerne l’audit énergétique. Depuis le 1er avril 2023, les maisons individuelles classées F ou G devaient fournir cet audit en plus du DPE. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés E sont aussi concernés. L’audit va plus loin qu’un simple classement : il propose un parcours de travaux chiffrés pour améliorer la performance du bien, avec au moins deux scénarios de rénovation.

Coefficient de conversion de l’électricité : une étiquette qui peut changer sans travaux
Vous n’avez pas touché à votre logement, et pourtant son étiquette énergétique pourrait évoluer. À la suite de l’arrêté du 13 août 2025, le coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE passe de 2,3 à 1,9 à partir de 2026. Ce coefficient traduit l’énergie primaire consommée pour produire un kilowattheure d’électricité livré chez vous.
Concrètement, un logement chauffé à l’électricité qui se situait en limite de classe E pourrait basculer en D sans aucune rénovation. Pour un vendeur, la différence est tangible : un bien classé E déclenche l’obligation d’audit énergétique, pas un bien classé D. Vérifiez la date de votre DPE et le mode de chauffage du logement avant de mettre en vente.
Diagnostics obligatoires pour la vente d’une maison ou d’un appartement
Le dossier de diagnostic technique (DDT) regroupe tous les documents que le propriétaire doit remettre à l’acquéreur, annexés à la promesse de vente ou à l’acte authentique. Leur nombre varie selon l’âge du bien, sa localisation et son type.
Les diagnostics les plus fréquents :
- Le diagnostic de performance énergétique (DPE), valable dix ans, obligatoire dès que la surface de plancher atteint 50 m². Il doit figurer dans toute annonce de mise en vente.
- Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP), requis si le logement a été construit avant le 1er janvier 1949. Le plomb se trouve principalement dans les anciennes peintures.
- L’état mentionnant la présence ou l’absence d’amiante, nécessaire si le permis de construire date d’avant le 1er juillet 1997.
- L’état des installations intérieures de gaz et d’électricité, exigé lorsque ces installations ont plus de quinze ans.
- L’état des risques et pollutions (ERP), renforcé par le décret n° 2024-405 du 29 avril 2024. Ce document informe l’acquéreur sur les risques naturels, miniers, sismiques, le radon ou la pollution des sols autour du bien.
- Le diagnostic termites, obligatoire dans les zones définies par arrêté préfectoral.
Pour une maison individuelle, ajoutez le contrôle de l’installation d’assainissement non collectif si le bien n’est pas raccordé au tout-à-l’égout.
Cas particulier de la copropriété
En appartement, le vendeur doit aussi fournir le mesurage loi Carrez. Une erreur de plus de 5 % sur la superficie peut entraîner une réduction du prix de vente proportionnelle, à la demande de l’acquéreur, dans un délai d’un an après la signature.

État des risques et pollutions : un périmètre élargi depuis 2025
L’ERP était souvent traité comme une formalité rapide. Le décret n° 2024-405, entré en application au 1er janvier 2025, a élargi son contenu. Le document couvre désormais un périmètre plus large de risques, et un ERP incomplet peut être contesté par l’acquéreur après la vente.
Le vendeur doit se procurer les informations auprès de la préfecture ou sur le site Géorisques. L’ERP a une durée de validité de six mois seulement. Si la promesse de vente traîne, il faudra en refaire un avant la signature de l’acte définitif. C’est un piège classique : un ERP valide au compromis mais périmé le jour de la vente chez le notaire.
Conséquences d’un diagnostic manquant ou erroné pour le vendeur
Un DDT incomplet ne bloque pas toujours la signature, mais il expose le vendeur. Sans DPE valide, l’acquéreur peut demander l’annulation de la vente ou une réduction du prix. Sans diagnostic plomb ou amiante, le vendeur ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés sur ces points précis.
Le diagnostiqueur engage aussi sa responsabilité. S’il commet une erreur (par exemple, ne pas détecter de l’amiante présente), l’acquéreur peut se retourner contre lui via son assurance professionnelle. Le vendeur n’est pas pour autant dégagé : il reste solidairement responsable s’il avait connaissance du vice.
Choisir un diagnostiqueur certifié n’est pas un luxe, c’est une obligation légale. Chaque diagnostic doit être réalisé par un professionnel titulaire d’une certification en cours de validité. Vérifiez ce point avant de signer un devis groupé à bas prix.
Les diagnostics immobiliers obligatoires avant vente ne sont pas un simple passage administratif. Avec l’élargissement de l’audit énergétique aux logements classés E et le nouveau coefficient de conversion prévu en 2026, l’étiquette de votre bien peut évoluer d’une année sur l’autre. Faites réaliser vos diagnostics suffisamment tôt pour anticiper d’éventuels travaux ou ajuster votre stratégie de mise en vente.

